Pat qui court toujours mais qui ne sait pas encore pourquoi...
L'air est doux et il flotte comme un air de printemps en ce jeudi 12 avril. Il est temps, l'hiver a été long et les premiers beaux jours font éclater les bourgeons du lilas. Crocus et jonquilles ajoutent a la palette du peintre 'nature' leurs touches de couleur.Louise, fidèle a ses habitudes, se prépare pour son rendez-vous hebdomadaire.
Elle délaisse le lourd manteau d'hiver et jette sur ses épaules un joli gilet a fleurs. Pour faire plaisir au printemps! Le pas est léger et le sourire plus radieux que d'habitude . Rien ne pourrait gâcher cette belle après midi se dit elle.
Chemin faisant,elle croise sa voisine Madame Buffart qui a l'air bien soucieuse. A peine un bonjour;çela ne lui ressemble pas se dit Louise .
La porte du salon de thé est entrouverte et l'on apperçoit les décorations de Pâques qui se balancent au gré du vent léger.
La même table, la même commande, le même sourire de la serveuse. Tiens, elle a mis un peu plus de rouge sur ses pommettes! a moins que ce soit les feux de l'amour, se dit Louise un brin mutine.
Quatre heures résonne mais elle ne bouge pas. Monsieur Paul est un peu étonné et se dirige vers elle.
Ie grand tablier d' un blanc immaculé donne une bien belle allure a Monsieur Paul. Tout va bien Madame ? La question la surprends. Bien sûr que je vais bien ! merci de votre gentillesse Monsieur.
Le grelot de la porte d'entrée tinte et deux policiers pénètrent dans l'établissement; Leur présence semble bien incogrue en ce lieu. lentement, ils se dirigent vers la table de Louise.Toujours a rêver, elle ne sent pas leur présence et il faut que le plus grand l'interpelle pour qu'elle sursaute.
Madame Joubert ? Elle ne semble pas réagir a l'annonce de son nom;cela fait tellement longtemps que l'on a pas prononcé son nom de famille. Même le Docteur l'appelle Louise !
elle lève ses yeux lavande vers les deux policiers , esquisse un sourire,et relève une mêche de ses cheveux tombée sur son front.
Je vous attendais dit elle.
Madame Joubert,il est arrivé quelque chose de grave a vôtre mari; Il va falloir être forte.
Un instant de silence juste troublé par le bruit de la rue flotte comme une ombre en suspens.
C'est Monsieur Buffart votre voisin qui nous a prévenu. la porte de la maison était entrouverte et c'est lui qui a découvert le corps baignant dans une mare sang .Le médecin a relevé douze blessures sur sa poitrine.selon le médecin, le décès remonterait a quelques heures.
Je sais dit elle.
Elle inspire une longue goulée d'air chargée de mille parfums sucrés.
Je sais, répète t'elle. Ce matin, j'ai tué Fernand a coups de tournevis,douze coups c'est vrai puisqu'on est le douze Avril. Remarquez, ça c'est fait comme ça ! avec un tournevis, je n'ai pas l'habitude
Vous permettez , demande t'elle ? Il reste un peu de chocolat au fond de ma tasse;ce serait dommage de gâcher ! Elle lèche avec son doigt le bord de la soucoupe.
Mais pourquoi avez vous tué vôtre mari ? s'exclame le policier interloqué !
Fernand avait mangé le DERNIER carré de CHOCOLAT !!!!
Fin
pat