Pat qui court toujours mais qui ne sait pas encore pourquoi...
Ce jeudi 2 février, comme tous les jeudi, Louise (prononçez Lou iiise) attends que le carillon du salon sonne les trois heures de l'après midi.
Elle se rends dans le couloir de la petite maison et décroche son lourd manteau de laine beige de la patère,ajuste son écharpe et se dirige vers la porte d'entrée.
Elle lance un ' a tout a l'heure ' Fernand, de sa petite voix enfantine. Lequel Fernand réponds par un grognement qui le tire a peine de son assoupissement.
Dès la porte ouverte, Louise reçoit une gifle d'air glacé qui lui tire quelques larmes . Pas chaud, aujourdh'ui, normal se dit elle ont est en hiver.
Car elle comme ça Louise, toujours contente de son sort; qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige, ou qu'il fasse chaud, elle concède a la nature de le fait de la taquiner un peu.
Elle marche a pas contés, luttant contre les bourrasques dans la rue des Glaçis la bien nommée en ce jour puis traverse le boulevard. Le flot des voitures lui donnes toujours le tournis.
Elle s'arrète un instant pour reprendre son souffle avant d'entamer la longue montée de la rue de Montmorençy;
Des souvenirs flottent dans sa tête tandis qu'elle marche; Jadis elle a vu dans cette rue le beau mariage de la fille du docteur Maitre ; Ah qu'ils avaient de l'allure ces gens là ! Toujours bien polis et toujours un mot gentil , même pour les petites gens comme elle.
Tout en haut de la rue, elle biffurque sur sa gauche et apperçoit le Palais de Fervacques. Qu'il est majestueux avec ses grilles a lances dorées. Elle imagine des fêtes somptueuses données dans les salons par de riches marchands; Des bals costumés bercés par des valses viennoises; des réunions sérieuses où des Messieurs encravatés se partagent fortune;des lustres scintillants de mille feux faisant couler leurs éclats de diamant dans des verres de cristal....
Elle a de l'imagination Louise, parfois trop d'ailleurs sa mère lui répetait souvent 'Tu rêves" ma fille.et les rêves c'est pour les gens qui ont les moyens!
Elle n'y a jamais pénétré dans cette maison des rêves, elle n'a jamais osé, peut être de peur d'être déçue; On ne brise pas un rêve!
(suite au prochain numéro)
pat